L'ai
je entendu cette phrase ou l'ai je inventé, je ne sais plus. Il me
semble que c'était à une exposition de peinture de Hopper. Ça
disait: «la seconde échappée commence avec l'écriture du premier
texte, la lettre». Dans les tableaux ce qu'on voit invite à voir
plus. Un temps existerait hors temps, hors texte, mais disponible.
Des milliers de secondes vers l'ensuite. Reconnaître dans un tableau
une vie passagère, entrer dans cette vie. Lorsqu'on quitte le
tableau des yeux, la bulle éclate. Les personnages du tableau ont
une vie propre avec un avant un après, je peux le voir.
lundi 7 décembre 2015
Phrase que l'on m'a dite
Secret
C'est
un sac de mot caché dans le jardin. On peut la nuit sans bruit aller
cueillir un mot ou deux quand on ne dort pas. C'est un secret un
tendre secret. On puise au hasard dans le sac on a dans sa main un
mot, quelques lettres qui s'envolent qui frissonnent, un léger
souffle qui nous soulève les cheveux, nous murmure un air dans le
vide et le noir de la nuit. Je mets la main dans le sac je dis écume
et ramasse la brume des mots en gouttelettes de brume. C'est un
secret qui aide à vivre.
samedi 5 décembre 2015
Masques et attitudes
La
recherche de soi est longue, l'authenticité est rare, jeux de cache
cache. Derrière les apparences calmes et tranquilles se masquent des
volcans, des marécages, des torrents fougueux. Les attitudes polies
dissimulent des désirs, des gestes fous de danses et d'arabesques, de
torsions, de courbes, de feux follets. L'enfant s'échappe de la
surveillance, court sur le sentier fleuri après les papillons.
Tourbillons fantasques de la vie. On change de masques et la
question: quel était votre visage avant votre naissance nous laisse
sans voix. On tangue un peu dans la foule du carnaval. Lèves
ton voile polichinelle je te reconnais!
vendredi 4 décembre 2015
jeu de société partant d'une case départ.
On
n'imagine
pas enfant combien ce jeu symbolise un parcours de vie? On sautille
léger, inconscient comme l'abeille joyeuse butinant les fleurs, de
la terre au ciel. Les cases qu'on traverse sont des étapes de
maturation, qu'enfant on franchissait allègrement. Le jeu de l'oie,
du départ à l'arrivée nous ramène au centre de nous même,
passant par un chemin initiatique avec les épreuves ponctuant
cette route, nécessaires au mûrissement, à la compréhension du
sens de la vie. Deuils, souffrances, arrêts, enfermements mais aussi
bonds en avant où la joie et le désir nous propulsent six cases
plus loin.
Les 366 réels à prise rapide sont des exercices de style tels qu'en propose le recueil éponyme de Raymond Queneau. Écrire sur le vif en 100 mots
jeudi 3 décembre 2015
Une coupe franche
Une
coupe franche dans le texte, il y a bien trop de mots. Épurer,
jusqu'à n'avoir que l'essentiel, dans le fond, dans la forme.
Rechercher la concision du haïku, acéré comme la lame d'un sabre.
Il tranche, il émonde, il montre la nature, il dit l'émotion dans
l'équilibre de trois vers et dans le nombre impair des mots.
La nuit est sans fin
je pense
à ce qui viendra dans vingt mille ans*
Une économie de mots, l'harmonie, le merveilleux sentiment de vacuité
d'où surgit l’événement. Il nous faut apprendre et apprendre
encore ce détachement, cette disponibilité à la présence.
*Haïku de Masaoka Shiki (1867-1902) Japon
Les 366 réels à prise rapide sont des exercices de style tels qu'en propose le recueil éponyme de Raymond Queneau. Écrire sur le vif en 100 mots
mercredi 2 décembre 2015
La beauté
La
beauté en cet endroit précis lorsque je descends du train gare de
Santa Lucia, lorsque Venise me cueille en ses ruelles, ses canots,
ses places. Ce pourrait être une beauté surfaite, un décor pour
la consommation de masse, mais Venise chaque fois me coupe le
souffle, me saisit de ravissement. Je ne me lasse pas de ces courbes,
de ces lignes qui rejoignent le ciel, de ces dorures, des ces
sculptures, des ses peintures. Elle me prend et m'emporte ailleurs.
Les couleurs vives de l’île de Burano se reflétant dans la
lagune, le silence du cloître de San Francesco.
mardi 1 décembre 2015
En retard
En
retard je suis dit le lapin dans Alice, mais le temps est relatif.
Parfois il paraît court, on ne le voit pas passer. Parfois il s'étire
en longueur et on a soit une sensation d'ennui, soit une sensation
délicieuse d'un étirement du présent, infini. Le temps se
contracte ou se dilate selon ce qu'on en ressent. Cela paraît assez
banal mais qu'en est-il du temps réel. Il n'existe pas. On a aucune
prise sur lui puisque c'est un mouvement et qu'il est lié à la
lumière. Le temps que la lumière d'une étoile nous parvienne cette
étoile est morte.
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