lundi 7 décembre 2015

Phrase que l'on m'a dite

L'ai je entendu cette phrase ou l'ai je inventé, je ne sais plus. Il me semble que c'était à une exposition de peinture de Hopper. Ça disait: «la seconde échappée commence avec l'écriture du premier texte, la lettre». Dans les tableaux ce qu'on voit invite à voir plus. Un temps existerait hors temps, hors texte, mais disponible. Des milliers de secondes vers l'ensuite. Reconnaître dans un tableau une vie passagère, entrer dans cette vie. Lorsqu'on quitte le tableau des yeux, la bulle éclate. Les personnages du tableau ont une vie propre avec un avant un après, je peux le voir.





Les 366 réels à prise rapide sont des exercices de style tels qu'en propose le recueil éponyme de Raymond Queneau. Écrire sur le vif en 100 mots

Secret

C'est un sac de mot caché dans le jardin. On peut la nuit sans bruit aller cueillir un mot ou deux quand on ne dort pas. C'est un secret un tendre secret. On puise au hasard dans le sac on a dans sa main un mot, quelques lettres qui s'envolent qui frissonnent, un léger souffle qui nous soulève les cheveux, nous murmure un air dans le vide et le noir de la nuit. Je mets la main dans le sac je dis écume et ramasse la brume des mots en gouttelettes de brume. C'est un secret qui aide à vivre.





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samedi 5 décembre 2015

Masques et attitudes

La recherche de soi est longue, l'authenticité est rare, jeux de cache cache. Derrière les apparences calmes et tranquilles se masquent des volcans, des marécages, des torrents fougueux. Les attitudes polies dissimulent des désirs, des gestes fous de danses et d'arabesques, de torsions, de courbes, de feux follets. L'enfant s'échappe de la surveillance, court sur le sentier fleuri après les papillons. Tourbillons fantasques de la vie. On change de masques et la question: quel était votre visage avant votre naissance nous laisse sans voix. On tangue un peu  dans la foule du carnaval. Lèves ton voile polichinelle je te reconnais!





Les 366 réels à prise rapide sont des exercices de style tels qu'en propose le recueil éponyme de Raymond Queneau. Écrire sur le vif en 100 mots


 

vendredi 4 décembre 2015

jeu de société partant d'une case départ.

On n'imagine pas enfant combien ce jeu symbolise un parcours de vie? On sautille léger, inconscient comme l'abeille joyeuse butinant les fleurs, de la terre au ciel. Les cases qu'on traverse sont des étapes de maturation, qu'enfant on franchissait allègrement. Le jeu de l'oie, du départ à l'arrivée nous ramène au centre de nous même, passant par un chemin initiatique avec les épreuves ponctuant cette route, nécessaires au mûrissement, à la compréhension du sens de la vie. Deuils, souffrances, arrêts, enfermements mais aussi bonds en avant où la joie et le désir nous propulsent six cases plus loin.


 
                 


Les 366 réels à prise rapide sont des exercices de style tels qu'en propose le recueil éponyme de Raymond Queneau. Écrire sur le vif en 100 mots

jeudi 3 décembre 2015

Une coupe franche

Une coupe franche dans le texte, il y a bien trop de mots. Épurer, jusqu'à n'avoir que l'essentiel, dans le fond, dans la forme. Rechercher la concision du haïku, acéré comme la lame d'un sabre. Il tranche, il émonde, il montre la nature, il dit l'émotion dans l'équilibre de trois vers et dans le nombre impair des mots.             
                          
                         La nuit est sans fin
                                 je pense
                   à ce qui viendra dans vingt mille ans*
                                                         

Une économie de mots, l'harmonie, le merveilleux sentiment de vacuité d'où surgit l’événement. Il nous faut apprendre et apprendre encore ce détachement, cette disponibilité à la présence.



*Haïku de Masaoka Shiki (1867-1902) Japon


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mercredi 2 décembre 2015

La beauté

La beauté en cet endroit précis lorsque je descends du train gare de Santa Lucia, lorsque Venise me cueille en ses ruelles, ses canots, ses places. Ce pourrait être une beauté surfaite, un décor pour la consommation de masse, mais Venise chaque fois me coupe le souffle, me saisit de ravissement. Je ne me lasse pas de ces courbes, de ces lignes qui rejoignent le ciel, de ces dorures, des ces sculptures, des ses peintures. Elle me prend et m'emporte ailleurs. Les couleurs vives de l’île de Burano se reflétant dans la lagune, le silence du cloître de San Francesco.

mardi 1 décembre 2015

En retard

En retard je suis dit le lapin dans Alice, mais le temps est relatif. Parfois il paraît court, on ne le voit pas passer. Parfois il s'étire en longueur et on a soit une sensation d'ennui, soit une sensation délicieuse d'un étirement du présent, infini. Le temps se contracte ou se dilate selon ce qu'on en ressent. Cela paraît assez banal mais qu'en est-il du temps réel. Il n'existe pas. On a aucune prise sur lui puisque c'est un mouvement et qu'il est lié à la lumière. Le temps que la lumière d'une étoile nous parvienne cette étoile est morte.