vendredi 8 janvier 2016

Une question lue quelque part

Est-ce que la vie n’apparaît pas comme doublée?* La vie apparente, celle qu'on montre, celle qu'on laisse voir et puis la vie intérieure secrète, le deuxième moi qui regarde soi-même tout le temps. Parfois on ouvre une fenêtre à un intime ou ici! on laisse voir son double mais c'est tellement incroyable que personne n'y croit. Alors On crie: mais je suis vraie! l'autre croit que c'est encore le jeu du je. En apparence rien n'est dit que le rien qu'il y a dans toutes ces paroles!* J'ai été très marqué par l'écoute de la vie matérielle de Marguerite Duras.

*Marguerite Duras    

jeudi 7 janvier 2016

(Surprise)

Hasard du calendrier de Quenaud, son mot du jour est "surprise", et si jusqu'à présent le jeu des cent mots par jour m'a amusée avec sont coté «provoquer la création» par du hasard, de l’aléatoire, aujourd'hui ça ne m'amuse pas vraiment. Je suis infiniment triste même, la «surprise» du 7 janvier 2015 fut une très très (nombre infinitésimal) mauvaise surprise. Aujourd’hui jour «d'anniversaire» du 7 janvier 2015, Je viens de lire le journal «anniversaire» de Charlie hebdo de la semaine, alors je leur dis juste : «Continuez on est avec vous!»

mercredi 6 janvier 2016

Que deviendra cet enfant plus tard ?

Janvier , Dieu Janus aux deux visages. Janvier le mois qui regarde vers le passé et vers l'avenir, qui porte en lui l'espoir du devenir, du printemps, de la lumière renaissante. *«Je suis la porte: si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé; il entrera, et il sortira». J'en suis au moment de ma vie à l’hiver de janvier, je regarde beaucoup vers mes souvenirs mais j'espère beaucoup dans mes enfants et petits enfants, même si je n'ai aucune possibilité de savoir leur avenir, leur devenir, je suis confiante dans la vie tout simplement, celle que je vois dans leurs yeux, dans leurs mains, dans leurs chemins à inventer.

*Jean 10(9):Phrase inspirée de la mythologie romaine et reprise dans l'évangile
  Photo: Janus bifrons sur une monnaie romaine (1er siècle av J.C.)

mardi 5 janvier 2016

Le plus petit des petits riens(4-5 janvier 2016)

exceptionnellement ce texte dépassera les cents mots et fera deux jours et deux cent mots.


A quoi se raccrocher ce matin, au plus petit des petits riens. La lumière du matin peut être. Me revient cette chanson de Ferré. "Des mots qui t'envahiraient comme la lumière." Les mots ne viennent pas, restent sur le bas coté, désolés, abandonnés sans vie. Est ce la fatigue, la mort, l'inquiétude, l'impossibilité de s'en remettre à la paix d'un dieu bienveillant. Un sentiment de solitude m'étreint et ce retour aux années de partage avec Marcel Légaut sur la solitude essentielle. Elle avait alors un sens poétique magnifique dans les montagnes du Diois. Aujourd'hui devant la réalité cruelle je ne sais plus me raccrocher au plus petit des petits riens, juste la force d'écouter «la vie matérielle de Marguerite Duras» et retrouver un rien qui a du sens. "Duras parle de la vie, de la mort, de l'amour, de la solitude, de la séparation d'avec les autres, du désir fou de pouvoir les atteindre par le biais de l'écriture. Un éternel ressassement de soi, une fatigue d'être, mais aussi un espoir d'en sortir. Un recueil de nouvelles où l'on passe du coq à l'âne, mais en fait un seul et long lamento, une psychanalyse à ciel ouvert. Une mise à nu."(Laure Adler)



dimanche 3 janvier 2016

Taper

Taper sur le tam-tam, entendre la voix des ancêtres, le long cortège des personnes disparues ,leurs voix se mêlent au rythme lancinant du tambour comme dans une jungle d’Afrique communiquant par ces rythmes. J'entends ce qu'ils disent: la terre est sacrée elle donne ses richesses elle est généreuse mais nous l'épuisons par nos désirs insatiables de toujours vouloir plus, par les guerres interminables qui détruisent les hommes qui détruisent l'espoir. J'entends la voix de Massoud fier Afghan qui défendait son pays contre l'invasion russe qui recherchait des solutions pour négocier la paix. On ne lui a pas laissé le temps.




samedi 2 janvier 2016

Bleu

Bleu le ciel à Venise, sur la lagune, bleu insolent, se mêlant à la mer au loin. Trop bleu pour les yeux, clignement, pour le cœur qui pulse ce qu'il peut. Ça étreint, ça dépasse, ça déchire. Bleu azur trop pur, on aimerait quelques nuages pour rejoindre notre humanité, ne pas se perdre dans l'infiniment bleu du cosmos, des atomes, de la lumière. S'y perdre pourtant et comment faire autrement. Question d'attirance magnétique électrique. Nos atomes rejoignent ceux du ciel. C'est réel, ce n'est pas plus fou que de croire aux anges aux fantômes à tous les dieux des cieux.





vendredi 1 janvier 2016

Résolution, révolution

La vie sera pareille, une enfilade de jours aux regards ternes, un défilé de mois sans regards. Aucune résolution, aucune révolution, juste un chemin lent obstiné vers la compréhension d'un réel sans far ni maquillage, dépouillé de ses mythes et ses légendes. Le même chemin depuis la naissance. Il se forme se déforme se vide de ses emphases de ses ampoulements. Il s'amincit s'assèche se perd. Reste nos pas qui avancent malgré nous. Devant c'est l'inconnu, derrière le vent a effacé nos traces. Peu de certitude, si peu d'assurance, des doutes en abondance. Mais nous rirons encore sous les étoiles.